Hospices de Beaune, rendez-vous dimanche sous les halles !


13/11/2020

La vente des vins des Hospices de Beaune 2020 aura bien lieu ce dimanche 15 novembre sous les halles de la ville. Comme "d'habitude",  ou presque...

On a un peu tendance à l'oublier cette année, mais ce dimanche 15 novembre aura bien lieu la vente des vins du domaine des Hospices de Beaune. Cette édition 2020 risque de faire date tant l'ambiance générale s'annonce aux antipodes de la grande fête habituelle, où se mêlent festivités populaires dans les rues bondées de la ville, repas en famille, entre amis, où l'on profite de l'occasion pour déboucher quelques belles bouteilles et dîners-dégustations de prestige dans les grande maisons de négoce et domaines viticoles. Cette édition 2020 risque même d'être très déprimante sur ce point...

Sous les halles, on annonce même le régime sec, avec une centaine de personnes au maximum dans la salle (acheteurs, clients, personnels de Christie's et des Hospices...) contre trois ou quatre fois plus en temps normal. Une quinzaine de journalistes seront barricadés en salle de presse, avec a priori interdiction d'en sortir ; il a même été envisagé un temps d'interdire les photos en dehors de celles prises par le seul photographe de l'AFP autorisé à circuler parmi les acheteurs...

Une vente en présentiel

Mais peut-être fallait-il finalement passer par là pour sauver l'essentiel, à savoir organiser une vente en présentiel, ce qui était manifestement l'objectif fixé depuis longtemps par les Hospices. Interrogé début août, suite à l'annulation de la Fête des Grands Vins de Bourgogne, organisée chaque année au Palais des Congrès, Alain Suguenot, maire de Beaune, président du Conseil d'administration des Hospices avait alors manifesté son intention de maintenir la vente "dans sa configuration habituelle". La configuration ne sera pas tout à fait "habituelle", mais la vente se fera bien sous les halles, le troisième dimanche de novembre.

Les acheteurs auront donc de la place pour s'installer confortablement et procéder à l'achat des 630 pièces de 228 litres de la récolte 2020 du domaine des Hospices de Beaune. 630 pièces, c'est peu, et cette donnée pourrait peser sinon à la hausse, pour le moins à la stabilité sur les cours, tout comme la volonté de certains de soutenir les Hospices dans ces temps difficiles. Mais rien n'est moins sûr et la crise sanitaire pourrait au contraire en inciter beaucoup à la prudence. Notons également que dans le vignoble, et nous ne parlons pas là des Hospices, les cours des vins vendus "en vrac" entre vignerons et négociants flambent depuis quelques semaines, ce qui peut tendre à démontrer que beaucoup croient fermement que des jours meilleurs vont bientôt revenir.

Des vendanges historiquement précoces

Quant aux vins, nous avons eu la chance de déguster hier jeudi une dernière fois la quasi-totalité des 50 cuvées. Ludivine Griveau a choisi comme stratégie en 2020 de ne pas perdre de temps et la totalité des vignes ont été vendangées dans la dernière décade du mois d'août ; un record de précocité pour les Hospices.

Les rouges récoltés entre 13,5 et 14 degrés naturels sont globalement très réussis, et parfois même fabuleux (comme la série des 4 cuvées de Volnay), avec des couleurs intenses, des fruités riches, francs, juteux, beaucoup de matière, des tanins veloutés et de bons équilibres pour un millésime aussi chaud. En blanc, le choix a été fait de privilégier la vendange de raisins un peu moins mûrs, autour de 12 degrés en moyenne, quitte à chaptaliser, dans l'espoir de garder de la fraîcheur. Avouons, et espérons que Ludivine Griveau, la talentueuse régisseuse des Hospices ne nous en voudra pas, que millésime après millésime, cette "politique" suivie désormais par de nombreux domaines en Bourgogne, nous laisse de plus en plus perplexe. Le réchauffement climatique déboussole tout le monde et on peut comprendre que tous, vignerons, négociants, oenologues... cherchent des solutions pour garder de la fraîcheur dans les vins ; pour autant, en récoltant des raisins en "sous-maturité", obtient-on de la fraîcheur ou de la verdeur ? Sur quel extrait extrait sec, sur quelle matière, ces vins blancs issus de récoltes aussi précoces vont-ils pouvoir se reposer pour vieillir sereinement ? Ces questions méritent d'être posées calmement et Il va falloir que nous abordions ce sujet en profondeur dans un prochain numéro de Bourgogne Aujourd'hui.


Christophe Tupinier



Nos cuvées coups de coeur en 2020

Vins rouges

Auxey-Duresses premier cru Les Duresses Boillot

Beaune premier cru Maurice Drouhin

Beaune premier cru Rousseau Deslandes

Beaune premier cru Les Grèves Pierre Floquet

Beaune premier cru Clos des Avaux

Beaune premier cru Dames Hospitalières

Beaune premier cru Guigone de Salins

Volnay premier cru Général Muteau

Volnay premier cru Blondeau

Volnay premier cru Santenots Gauvain

Volnay premier cru Santenots Jéhan de Massol

Pommard Raymond Cyrot

Pommard premier cru Les Epenots Dom Goblet

Corton grand cru Charlotte Dumay

Corton grand cru Docteur Peste

Corton grand cru Clos du Roy Baronne du Baÿ

Echezeaux grand cru Jean-Luc Bissey

Clos de la Roche grand cru Georges Kritter


Vins blancs

Attention : trois cuvées avaient encore des sucres à finir et les "malo" (fermentations malo-lactiques) avaient commencé sur quelques-unes. Les blancs se goûtaient donc objectivement moins bien que les rouges.

Pouilly-Fuissé Françoise Poisard

Beaune premier cru Les Montrevenots Suzanne et Raymond

Meursault Goureau

Meursault premier cru Porusots Humblot

Meursault premier cru Genevières Philippe le Bon

Meursault premier cru Les Charmes Albert Grivault

Corton-Vergennes grand cru Paul Chanson


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